Passion selon Saint-Jean
Passion selon Saint-Jean
Théâtre des affects
Note d’intention par Franck-Emmanuel Comte
Dans la Passion selon Saint Jean de Johann Sebastian Bach, le drame ne se déploie pas seulement dans le récit, mais dans une tension permanente entre action et intériorité. Plus concise, plus incisive que la Matthäus-Passion, elle se distingue par une énergie dramatique immédiate, que John Eliot Gardiner décrit comme « tendue, rapide, presque brutale dans sa manière de projeter l’action ».
Notre proposition s’appuie sur ces ressorts expressifs intrinsèques pour faire émerger un véritable théâtre intérieur des émotions. Le chœur, tour à tour foule, témoin ou conscience collective, devient un acteur central du drame. Les airs ne suspendent pas l’action : ils en révèlent les fractures, les tensions et les zones de trouble, prolongeant le récit dans une dimension introspective.
Portée par l’engagement du Concert de l’Hostel Dieu, reconnu pour sa capacité à incarner les œuvres dramatiques avec intensité et précision, cette interprétation fait le choix d’un geste musical profondément habité, où chaque inflexion participe du sens. L’extrême clarté d’articulation du Chœur de Chambre de Namur y joue un rôle déterminant : elle permet de rendre pleinement perceptible la violence des interventions de la foule, la finesse du contrepoint et la lisibilité du texte, au cœur de la dramaturgie.
Portée par une lecture resserrée et intensément incarnée, notre approche fondée sur la théâtralité intrinsèque de l’œuvre et sur ses ressorts rhétoriques, met en lumière la modernité de Bach dans sa capacité à organiser le chaos des affects et à structurer un véritable drame musical — rejoignant l’idée, défendue notamment par Peter Sellars, d’une Passion comme théâtre de la conscience, où l’écoute devient le lieu même de l’expérience.
Ainsi conçue, la Passion selon saint Jean ne se donne pas uniquement comme une vaste fresque historique et musicale, mais comme une expérience immédiate, où le public est invité à traverser, de l’intérieur, les tensions et les contradictions humaines au cœur du récit.
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Période de diffusion : du 1er au 15 avril 2028

