Soirée baroque au Temple Lanterne

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Soirée baroque au Temple Lanterne

Ce 9 février s’est tenu au temple Lanterne à Lyon un récital organisé par le Concert de l’Hostel Dieu, « Purcell, an evening concert », sous la direction de Franck-Emmanuel Comte, directeur artistique de l’ensemble spécialiste de la musique baroque depuis 1992.

Ainsi, dix-sept pièces – des songs, airs, chœurs accompagnés de pièces instrumentales – ont été interprétées dans le cadre de ce concert, toutes faisant partie de l’œuvre de Henry Purcell, compositeur anglais de la fin du 17ème siècle, principalement reconnu pour ses œuvres vocales.

CHD-PURCELL-EVENING-CONCERT-REYNIER-GUERRERO-J-COMBIER (11)

Ces pièces ont été interprétées sur instruments anciens. En effet nous avons pu entendre la viole de gambe avec Nolwenn Le Guern, le théorbe et la guitare baroque avec Etienne Galletier, le clavecin et l’orgue positif, c’est-à-dire posé au sol, avec Franck-Emmanuel Comte, et le violon baroque, dont les cordes sont en boyaux, avec Reynier Guerrero. Ces beaux instruments ont sublimé la superbe voix de contralto d’Anthea Pichanik, particulièrement expressive, ce qui nous a permis de la suivre aisément dans cet univers baroque. Cette expressivité et cet engouement pour la musique, nous les retrouvons chez chacun des musiciens présents sur scène, et ce commun goût pour le répertoire qu’ils interprètent nous invite à nous laisser porter. Leur qualité d’exécution vient aussi de leur apparente complicité, source d’une bonne écoute et d’une excellente cohérence entre leurs différentes voix.

Ce récital était organisé en quatre parties de quatre à cinq œuvres chacune, la dernière étant à chaque fois une pièce avec chœur. La vingtaine de choristes du Concert de l’Hostel Dieu nous a transportés, et le puissant mélange de ses voix, amplifié par l’acoustique du temple ne laisse pas indifférent. Le concert a débuté par deux pièces très légères, Dance for Haymakers puis Come, all ye songsters, toutes deux extraites du semi-opéra The Fairy Queen, dont le livret est une adaptation du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare.

« Le Concert de l’Hostel Dieu nous transporte
dans son univers pour notre plus grand plaisir »

 

CHD-PURCELL-EVENING-CONCERT-PICHANICK-J-COMBIER (10)Après un long voyage à travers de très diverses émotions (The Plaint et O solitude ! déchirantes, ou If Music be the food of love, plus légère), le spectacle s’est terminé en beauté avec les deux derniers morceaux profondément mélancoliques de l’opéra Didon et Enée, un des premiers opéras anglais. Tout d’abord, Anthea Pichanick a interprété When I am laid in earth, dernières lamentations de Didon avant sa mort, accompagnée de Reynier Guerrero, qui lui répondait de façon délicate au violon. Puis, à la fin du morceau, la soliste est montée sur le balcon derrière le chœur, tandis que celui-ci commençait With drooping wings, avec une instrumentation très discrète, laissant toute la place à la force du chœur qui nous a emportés, avec beaucoup d’émotion.

Un spectacle qui se termine par un tonnerre d’applaudissements, et une demande de rappel qui fut exécutée, par une pièce très joyeuse, la song Nymphs and Shepherds, en contraste avec la pièce qui avait terminé ce concert. Les incessants applaudissements ont fait revenir saluer les artistes plusieurs fois, le public étant visiblement reconnaissant pour l’heure qu’il venait de passer. Le Concert de l’Hostel Dieu est une excellente première approche du style baroque, et nous transporte dans son univers assez facilement, et pour notre plus grand plaisir.

Juliette BARRAS
Étudiante en Musicologie à l’Université Lumière Lyon 2


Photo n°1 : Anthea Pichanick (© Jean Combier)

Photo n°2 : Reynier Guerrero (© Jean Combier)
Photo n°3 : Anthea Pichanick (© Jean Combier)

By | 2016-10-21T11:16:24+00:00 mars 6th, 2016|Les chroniques des invités|0 Comments

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