MOZART, COSI FAN TUTTE2017-05-18T11:57:55+00:00

MOZART, COSI FAN TUTTE

PROGRAMME

Wolfgang Amadeus Mozart
Cosi Fan Tutte – livret de Lorenzo Da Ponte
Version semi-stage

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En coproduction avec l’Opéra national de Lyon

Così fan tutte est le dernier opera buffa de Mozart. Le compositeur reconvoque avec son librettiste Lorenzo Da Ponte les thèmes qui avaient fait le succès des Noces de Figaro (1786) et de Don Giovanni (1787). Le masque, le travestissement, la séduction ou la guerre des sexes : aucun des ressorts des deux premiers volets de leur trilogie n’est négligé. Cosi n’est-il pour autant qu’une comédie ? Non, parce que c’est parallèlement un opéra à l’image de son temps : représenté dans une Vienne où la mort imminente de l’empereur éclairé Joseph II et les remous de la révolution française imposent dans la capitale autrichienne un retour à l’esprit de sérieux, cet opéra porte aussi sur le caractère changeant de l’identité humaine et la labilité irréductible des sentiments amoureux : les péripéties auxquelles donnent lieu les manigances de Don Alfonso dévoilent un monde crépusculaire dont les valeurs sont en crise.

Dans cette œuvre où le comique et le tragique sont l’envers l’un de l’autre, les serments s’enchaînent, avant de se déliter, jetant sur les sentiments et les comportements un éclairage ambigu. Qu’est-ce donc que désirer ou s’engager ? Peut-on seulement se connaître soi-même ? Comment nos fantasmes refoulés modèlent-ils notre rapport au monde et aux autres ? C’est toutes ces questions, frayant avec l’éthique et la psychanalyse, que Da Ponte et Mozart explorent à l’aide d’un nombre réduit de personnages (les deux amants Guglielmo et Ferrando ; les deux sœurs Fiordiligi et Dorabella ; le maître du jeu Don Alfonso et la soubrette Despina). Dans une intrigue marivaudienne qui est à la fois une expérience scientifique et une plongée dans les méandres de la psychologie humaine, Così fan tutte érode subtilement les conventions sociales et exhibe les illusions d’une génération qui ne sait pas encore bien distinguer l’amour de la sensualité. Ce faisant, il convie ses interprètes à un voyage agité au pays périlleux de l’Eros et du doute.

Soucieuse de donner corps à la part d’ombre que comporte cet opéra des Lumières, la mise en scène situe l’action au XVIIIe siècle à Venise, la ville du déguisement et du libertinage, le port phare sur la route de l’Orient. Un couvent ou un palais, où l’on a installé deux jeunes filles de bonne famille et prêtes à se marier, est suggéré par un dédale de tulles noirs, tandis qu’une grande fresque allégorique trône au lointain, représentant la lutte d’un saint avec les démons de la tentation. Figure libertine sous ses habits d’ecclésiastique, Don Alfonso organise une fête dans la cour intérieure de l’édifice afin de mettre les jeunes filles et leurs fiancés à l’épreuve de la tentation ; grand organisateur de cette journée troublante, il dirige parfois l’orchestre et met en scène ces amours croisées. Grimé de blanc et habillé en noir, il affiche la vertu des sages mais a l’âme duplice d’un Valmont, d’un Casanova, voire d’un Sade. Pendant que l’action se déploie de part et d’autre de l’orchestre de cette fête initiatique où Despina est déguisée tantôt en docteur vénitien, tantôt en notaire, il observe à distance, se délectant du spectacle d’une jeunesse qui perd ses illusions. Dans des éclairages crépusculaires, il introduit les jeunes filles – aussi naïves que Cécile de Volanges dans Les Liaisons dangereuses de Laclos – à l’école des sens, leur apprenant à mettre en valeur leurs formes dans des robes choisies, tandis que les jeunes soldats reviennent déguisés masqués de noir, incarnations d’une tentation irrésistible mais obscure. D’une scène à une autre, Don Alfonso orchestre ainsi une plongée au plus profond du désir et de ses pulsions contradictoires. Ses manigances sont appuyées par l’environnement vidéo dans lequel se déploie l’intrigue : tout au long du spectacle, de discrètes projections apparaissent sur les tulles noirs, suggérant tantôt les flots de la lagune de Venise, tantôt l’image des corps tant convoités. Dans ce Cosi, le fantasme se mêle à la réalité ; les personnages s’y abandonnent à une errance sans fin dont aucun ne reviendra indemne. L’expérience du désir a bouleversé chacun d’entre eux.

Florent Siaud

 

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First performed on the 20th of january 1790 in Vienna’s Burgtheater, Cosi fan tutte is the last opera buffa from Mozart. He summons, through this piece, several of his favorite topics such as mask, cross-dressing, seduction or gender contradiction. But can we say that Cosi is only a comedy ? It seems to me that it is also about the lability of romantic feelings and the ambiguity of human beings. This ambivalence between farce and resentment is an open field of investigation, for Mozart and Da Ponte (his librettist), raising questions about one’s desire or commitment, about fidelity and loyalty, about self-awareness…

Florent Siaud

 

We ought to remember that when Wolfgang was born, he was still immersed in baroque musical style. It was natural that the little genius looked up to the Italian and European clavinet masters. The balance between wind and string sections was, then, totally different than in orchestras today. Mozart’s orchestra favours a clear independence of the wind section from the string section; allowing the tone of each instrument to resonate; unlike the unified orchestra sound you find nowadays. One can assume that musical interpretation is created by the meeting of both the composer and the interpreter’s eras; thus no interpretative approach is better or more accurate than another. Each generation of musicians provide their own vision, influenced by musicological progress, trends and actual topics. It would therefore be as vain to try and recreate the sound Mozart knew in his time as it would be to ignore completely all of its features. We are looking here for an overview, reserving a significant place for both the interpreter and listener’s musical intuition.

Franck-Emmanuel Comte

 

DISTRIBUTION

Solistes du Studio de l’Opéra de Lyon

Orchestre du Concert de l’Hostel Dieu
Franck-Emmanuel, Comte, direction

Florent Siaud , mise en scène

Effectif : 6 solistes, 18 instrumentistes, 1 chef

CALENDRIER

  • juillet 2017 : version semi-stage (mise en espace)
  • saison 2017-18 : version mise en scène (intégrale et surtitrée)

Contact : Camille Chabanon, administration et diffusion/ administration@concert-hosteldieu.com / 04 78 42 84 03